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dimanche 27 novembre 2022

Digitalisation RH : de l’IA responsable au Métavers

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Comment allier la sobriété numérique et le développement des usages pour saisir des opportunités de développement et servir un collectif ? Comment ne pas être dans la «gadgétisation» des applications RH et utiliser le digital comme véritable levier de performance RH et de contrôle de conformité de l’entreprise avec les réglementations en vigueur? La 3e table ronde du #RRHDay de septembre 2022 nous éclaire sur ces sujets au travers des réflexions de professionnels du monde de l’entreprise. Sont également de la partie les experts de la formation, ce dernier domaine étant un vaste terrain de jeu en matière de digitalisation.

Le numérique responsable, un sujet sensible en matière de politique du « CARE »

Pour Madeleine Podeur, DRH du groupe Omnium, le sujet du numérique responsable comporte deux enjeux majeurs : le social-sociétal et l’environnemental. « En matière de numérique, nous pouvons en faire beaucoup en la matière, voire trop, explique-t-elle. Au point de de ne plus savoir le sens voulu d’une application ni comprendre en quoi cela sert le sens de la mission de l’entreprise. Pour tout usage numérique, il convient ainsi d’être le plus efficient possible, donc d’éviter les applications gadget. »

Le numérique peut favoriser les silos. Il peut favoriser le contrôle, donc la défiance. Cette professionnelle met en exergue l’importance du collectif de travail et de la confiance pour créer l’innovation.

Au sein du groupe Omnium (prix de la transformation numérique en 2019), le sujet du numérique responsable est sensible, dans le cadre de sa politique «CARE » notamment. Celle-ci vise la sobriété environnementale et la réduction de la charge cognitive.

Au quotidien, cela signifie par exemple de ne pas envoyer de mail lorsqu’il est possible de se voir physiquement ; supprimer tous les mails qu’on ne lit pas ; ne pas ajouter de pièces jointes mais préférer le lien hypertexte ; supprimer les applis non utilisées sur les smartphones.

Le numérique pour tous s’envisage sous l’angle de la dématérialisation pour tous. Le numérique responsable est celui qui protège la santé des salariés. Il doit, lui, contribuer à se prémunir des RPS (Risques Psycho-Sociaux) prenant le pas sur les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques) ; il ne doit pas isoler. Il doit également « permettre de garder du temps de cerveau disponible – et pas que pour recevoir les mails et les classer ». A l’entreprise de prendre en compte que l’individu a besoin de temps, d’imagination, de créativité.

Le numérique responsable est enfin en conformité avec les lois, notamment le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données).

Le métavers, formidable vecteur de renouveau et de plaisir de transmettre

« Il est essentiel de dégonfler la boîte à fantasme ». Nicolas Dupain est président fondateur de France Immersive Learning (1er pôle de compétences dédié aux usages des technologies immersives en orientation et formation professionnelle, éducation et formation initiale, collaboration au travail, industrie, culture et santé). Pour cet aficionados des technologies immersives (vidéos 360° interactives, réalité virtuelle, augmentée et mixte, photogrammétrie), notre rapport aux savoirs et à l’apprentissage va s’en trouver considérablement modifié. Il convient toutefois de prendre le sujet de manière raisonnée et raisonnable : « C’est un formidable vecteur du renouveau, du plaisir d’apprendre et de transmettre grâce à une vraie expérience de joueurs », explique-t-il.

Ce qui fait la différence ? C’est, pour cet expert, une révolution anthropologique : « Cette technologie vous met debout, dans des univers virtuels et vous permet d’être agissant. Cela est très intéressant pour les TMS. Cela nous permet d’être présent cognitivement avec les personnes, ce qui n’est pas le cas quand on est derrière l’écran.»

Nous assistons à une profonde transformation des outils, avec le sens qu’il semble nécessaire de leur donner. Le métavers permet de disposer d’outils, d’environnements de travail, de donner corps aux valeurs et au capital physique de l’entreprise. Il promet en cela d’apporter de la compétence.

Un comité de pilotage et du direct pour gagner en efficacité

A Samsic, groupe familial présent sur toute l’Europe, la complexité du sujet du numérique réside dans le fait que ses 45 000 collaborateurs ne sont pas sur site mais oeuvrent chez les clients. Plutôt que d’externaliser, le groupe a choisi de développer sa digitalisation en interne – avec une équipe de pas moins de 30 développeurs digitaux. Résultat : 52 outils digitaux et numériques au sein d’une plateforme unique pour être au plus proche du besoin de leurs collaborateurs et avoir une forte réactivité.

« Nous avons pris le parti d’arrêter la « gadgétisation», explique Nicolas Hoene, directeur des systèmes RH chez Samsic Groupe. Nous avons un comité de pilotage afin de rationaliser et aller droit vers l’efficacité de nos collaborateurs, avec des formations sur notre coeur de métier et non pas des outils de reporting. Nous visons le direct avec nos collaborateurs. »

Un exemple concret ? Un outil de mapping permet de rechercher les collaborateurs présents sur une compétence donnée et avec une géolocalisation. Cela offre l’opportunité de réaliser éventuellement des inversions de chantier en prenant une personne proche plutôt qu’éloignée du client #Réactivité #Efficacité.

L’univers immersif, une manne de choix pour la formation

« Si vous n’avez pas de e-learning en place, sautez tout de suite dans l’univers immersif ». Le conseil de Nicolas Dupain est clair. Pour lui, la vidéo 360° est beaucoup moins coûteuse à réaliser que l’IA. Les sujets liés aux RPS, au harcèlement, aux comportements éthiques, avec des mises en situation, sont très bien maîtrisés. « Les apprenants ne regardent plus un écran, mais sont dans la scène. Nous avons des outils assez aisés à mobiliser et très impactants, générant une meilleure mémorisation. Ils n’ont pas vocation à remplacer, mais à venir compléter les parcours construits sur ces sujets, avec des capsules immersives pour maximiser leur impact. »

Entre technologies 3D où les personnes sont assises et les technologies Six degrés de liberté (6DoF)* où elles sont debout dans un même espace, reste à pouvoir proposer des dispositifs immersifs de qualité et au service de la formation en question. Il convient de penser à la nécessité de développer de nouvelles compétences pour ses praticiens d’un nouveau genre.

La grosse question si on se projette dans l’avenir de la formation est, selon Mathieu Heidsieck, directeur du développement de Xperteam Digital Learning & Mobiteach, éditeur de plateforme de learning, l’enjeu de simplification de l’écosystème. « Nous nous sommes jusqu’à présent beaucoup intéressés aux compétences de l’individu et comment les développer. Mais nous avons un champ d’action immense avec le collaborativ learning. Comment travailler nos difficultés de collaboration ? » Le learning majeur ce sont les softskills. Il faut s’arrêter pour le définir.

L’IA : quel niveau de responsabilité, d’autonomie, voire de décision ?

« A l’heure où une IA peut diriger une entreprise [cf nomination de la 1ère femme robot en Chine], quelle responsabilité décisionnaire lui laisser ? Comment envisager les dérives possibles du légal qui serait complètement décisionnaire ? », s’interroge Christel Lambolez, fondatrice Jobsferic.

L’entreprise en est aux prémices en la matière. L’IA, c’est acté, fonctionne bien sur des situations pour lesquelles les charges cognitives sont importantes mais répétitives. Derrière tous nos outils digitaux restera l’humain. Reste à mettre en place des garde-fous efficaces afin de garantir correctement une forte autonomie. A évaluer l’efficience véritable de ces outils. Voire à envisager un nouveau prisme : celui de l’IA enfermante, qui ne cultiverait pas la curiosité. Un nouveau débat ?

 

Pascale Kroll

 

 

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*Les degrés de liberté (DoF) font référence au nombre de façons dont un objet rigide peut se déplacer dans l’espace 3D. Au total, on compte six degrés de liberté.

L’événement #RRHDay pour [R]évolution RH est la manifestation annuelle du média JOBSFERIC. 200 décideurs RH & formation inscrits pour cette 5e édition.

 

 

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