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dimanche 25 juillet 2021

Chief Happiness Officer, une fonction trop simpliste pour répondre à des enjeux de taille?

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Nouveau petit sorti de la boîte à idée RH, le chief happiness officer va-t-il faire feu de paille ? Les professionnels du secteur estiment en tout cas que le métier ne va pas se pérenniser tel quel, la notion de bonheur n’étant pas vraiment adéquate au monde de l’entreprise. La fonction se recentrera sûrement plus sur les préoccupations propre au travail et aux échanges entre collaborateurs.

 

Le bonheur a-t-il vraiment sa place en entreprise ? A l’idée de «Chief happiness officer», c’est la question que se pose nombre de professionnels des ressources humaines. Pour Alexandre Pachulski, Chief Product Officer et cofondateur de Talentsoft, éditeur proposant une solution en mode SaaS de gestion des talents, rendre les gens heureux n’est pas le rôle de l’entreprise. Plus que sur le bonheur, les responsables RH devraient se concentrer sur la question de l’expérience, selon cet expert. « Cette notion est très large, explique-t-il dans une vidéo de sa chaîne Youtube. Elle comprend la qualité, la nature du job qu’on va proposer à ses collaborateurs, mais elle comprend l’environnement dans lequel ces collaborateurs vont évoluer, les bureaux, les situations de travail individuelles et collectives.» L’idée d’expérience comporte aussi l’avantage d’inclure les partenaires, les clients et les candidats… Et si le bonheur fait partie de l’expérience, le malheur aussi, selon Alexandre Pachulski, notamment avec la recrudescence du phénomène de burn-out et la prégnance du stress dans le monde de l’entreprise. D’où la nécessité, d’avoir recours à un champ plus large, qui inclut d’autres expériences que le simple bonheur, c’est-à-dire tout ce qui est ressenti dans le cadre du travail. Pour Alexandre Pachulski, l’avenir du chief happiness officier résiderait donc plutôt du côté d’une sorte de chief experience officer.

 

Accompagner les managers plus que les rendre heureux

 

 

Ava Virgitti, feel good manager chez Orange au sein du laboratoire Villa Bonne Nouvelle, estime aussi que la simple question du bonheur n’est pas suffisante. Selon elle, la fonction va se développer avec une orientation plus forte, plus profonde qui va porter sur le collectif. Car «c’est le collectif qui motive à aller travailler : être dans une équipe, avoir une reconnaissance, analyse-t-elle. Cela peut prendre la forme d’un rôle transversal assez polyvalent. Il ne s’agit pas que de manager dans de le but de réussir un objectif mais bien de travailler dans une dimension plus holistique. L’accompagnement doit concerner la logistique mais doit aussi créer les conditions optimales de travail avec une attention particulière sur le collectif.» Le besoin auquel ce métier doit répondre concernera, selon elle, la façon d’accompagner les managers dans leur méthodologie pour mener leur projet – plutôt que de rendre les gens heureux. Néanmoins, son expérience d’Orange devait déboucher sur la création de postes similaires à celui qu’elle occupe. Les perspectives semblent réelles, même si elles prendront sûrement une autre forme que la stricte fonction de Happy RH actuelle.

 

Peu d’évolution verticale mais une diffusion des pratiques dans les entreprises

 

 

Sophie Hauret, associate business director chez Robert Half, a, quant à elle, plus affaire à des demandes de recrutement sur des postes de qualité de vie au travail que de chief happiness officer. A ses yeux, ce premier type de métier est une sorte d’équivalent dans les structures plus classiques qui ont besoin de suivre des réglementations en matière de sécurité et de qualité au travail. Les besoins en la matière devraient augmenter à l’avenir, selon l’experte, et s’étendre à des entreprises de plus en plus à taille humaine. Néanmoins, elle ne pense pas qu’il y ait d’évolution verticale du métier. «Je ne suis pas sûre qu’il y ait de création de poste de directeur de la qualité de vie au travail. La fonction reste trop détachée de la stratégie globale.» L’évolution se fera plus en passant du public au privé ou en partant dans les services de sécurité au travail ou de relations sociales, selon Sophie Hauret, alors qu’à terme, les aspects réglementaires pourront peut-être être sous-traités.

 

 

Chloé Goudenhooft

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