Quelle tendance décelez-vous en matière de recours au recrutement de freelances en cette période covidienne ?

Depuis le début de la crise, le nombre de sollicitations pour les profils de développeurs freelances a augmenté de 45 % sur notre plateforme Jobset, portant à un total de plus de 1 800 recherches de développeurs freelances. Les entreprises s’avèrent en effet plus frileuses en matière de recrutement de CDI. Elles apprécient d’autant plus la flexibilité du statut freelance.

Côté développeurs, la tendance est également à la frilosité : pendant la crise, ils sont naturellement moins enclins à changer de poste ; moins de profils se sont ainsi déclarés être en écoute active ; beaucoup de développeurs sur notre plateforme se sont ouverts au statut freelance. Aujourd’hui, nous avons plus de 200 candidatures freelances par semaine, contre une centaine avant le Covid.

Le contexte inédit que nous vivons permet de changer les habitudes de travail des grandes entreprises qui collaborent depuis des décennies avec des ESN pour recruter des développeurs sur mission, et ainsi adapter leur activité à la situation actuelle.

Nous avons ouvert, dès janvier, un segment freelance sur notre plateforme. Il a permis d’anticiper cette tendance liée à la crise. Il répond surtout à une tendance plus globale du développement du freelance. Ce statut a en effet augmenté de 77 % en France depuis dix ans. 11,5 % de la population active française est freelance ; il devrait être de 14 % en 2030. L’Europe a 9,433 millions de freelances (source : Eurostat). Le marché est important : 300 milliards d’euros en Europe.

Ce segment freelance permet également de répondre aux besoins des indépendants grandement fragilisés économiquement par la crise. Nous avons ainsi souhaité offrir à notre communauté freelance de nouvelles fonctionnalités (notamment compte de séquestre pour assurer d’être payés dans les temps à l’issue des missions réalisées sur Jobset).

Comment le recours à l’intelligence artificielle, au système d’enchère inversée et au recrutement prédictif que vous avez développés avec Jobset permettent-ils de répondre à la demande des entreprises en matière de transformation digitale ?

C’est une autre tendance notable : après le confinement, les entreprises se sont rendu compte qu’elles devaient accélérer leur transformation digitale. Elles doivent avoir des équipes plus efficaces et performantes. Elles sont donc davantage en demande de recruter des profils de développeurs, qu’ils soient en CDI ou en freelance. Et leurs exigences sont de plus en plus pointues. Cela signifie qu’elles ont besoin de faire rapidement matcher leurs besoins avec les talents disponibles sur Jobset grâce à la technologie que nous développons.

Notre IA analyse la trajectoire professionnelle des candidats selon plusieurs critères (formations, expériences, projets, transitions dans le parcours…). Cet algorithme de matching permet aux recruteurs de trouver les profils en parfaite adéquation avec leurs offres. Il permet aux candidats d’accéder à une suggestion prédictive des offres d’emplois pertinentes et vers lesquelles ils ne seraient pas forcément allés.

Quels conseils d’actualité donneriez-vous aux recruteurs en matière de recours aux développeurs, freelances ou CDI ?

Suite à la crise du Covid-19, la demande de développeurs a augmenté, les entreprises sont cependant devenues plus regardantes sur le talent technique et les capacités humaines des développeurs qu’elles cherchent à recruter. Le premier conseil, dans le contexte actuel où l’on sent une certaine appréhension des entreprises sur l’avenir, est de se pencher très attentivement sur les sofstkills des talents visés. Il s’agit d’avoir des développeurs facilement intégrables, donc rapidement opérationnels et en particulier très adaptables dans un contexte de crise.

Le second conseil est de condenser les différentes étapes de leur processus de recrutement. Les profils de développeurs restent très pénuriques. En écoute active, un développeur reste sur le marché de l’emploi une semaine à peine. Il faudrait idéalement que les différents entretiens (avec les équipes techniques et les co-fondateurs par exemple) soient condensés sur moins d’une semaine, voire une journée.

Propos recueillis par Pascale Kroll

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