La fonction de Responsable Rémunération & Avantages Sociaux est une fonction jeune. Elle émerge véritablement en 2001 en France, alors qu’elle existait déjà depuis une cinquantaine d’années aux Etats-Unis.

Certains cabinets comme Mercer, Hay, Hewitt ou Towers Perrin ont été les premiers à populariser la notion de Compensation & Benefits Manager (Comp & Ben) communément appelée en France Responsable Rémunération & Avantages Sociaux. Puis, les filiales françaises de groupes américains ont contribué à diffuser ce métier. Aujourd’hui, la fonction existe dans toutes les grandes entreprises, et plus particulièrement dans les entreprises du CAC 40, mais quasiment pas dans les PME.

Cette profession d’expert, à la croisée des Ressources Humaines et de la Finance, s’est développée à partir de plusieurs constats : l’augmentation de la masse salariale, l’émergence de la notion de rémunération globale et notamment la gestion de la performance ainsi que le respect des engagements sociaux.

Il s’agit d’une fonction en plein essor qui s’impose face à un paysage de plus en plus concurrentiel et des contextes économiques exigeants où l’attraction et la fidélisation du personnel sont des problématiques majeures lors de la définition de la stratégie de l’entreprise, mais également pour garantir un positionnement favorable vis-à-vis de ses concurrents. (…)

 

Intitulés des postes multiples

 

Les intitulés des postes liés à la rémunération et aux avantages sociaux sont multiples. Néanmoins, lors du dépouillement des différentes interviews, 3 grandes tendances ont pu être dégagées.

 

Ainsi, parmi les personnes interrogées :

  • ¼ ont pour intitulé de poste « Responsable Rémunération & Avantages Sociaux »
  • ¼ ont pour intitulé de poste « Compensation & Benefits Manager » (généralement nommés sous le diminutif de « Comp & Ben »)
  • ¼ ont pour intitulé de poste « Responsable (ou Directeur) Rémunération »

 

Il est à noter que, même si cela ne se traduit pas directement dans l’intitulé de la fonction, bon nombre des interviewés cumulent d’autres fonctions, telles le SIRH, le reporting RH ou la mobilité. Par ailleurs, dans de rares cas, nous avons pu constater que la fonction est divisée en deux avec un Responsable Rémunération d’une part, et un Responsable Avantages Sociaux d’autre part.

Les résultats de notre enquête montrent que la plupart des Responsables Rémunération & Avantages Sociaux ont entre 35 et      45 ans. Cela prouve que ce métier est un métier d’expertise qui nécessite plusieurs années d’expérience avant de pouvoir maîtriser tous les requis du poste.

Nous voyons aussi qu’une bonne partie de nos interviewés ont entre 25 et 35 ans, ce qui peut s’expliquer par le fait que, cette fonction étant nouvelle et en pleine expansion, les entreprises recherchent de plus en plus de jeunes collaborateurs ayant suivi des formations dans ce domaine et disponibles sur le marché du travail.

Quant à la catégorie des 45-55 ans, représentée en minorité dans notre étude, nous pouvons penser que les personnes ayant acquis une expertise dans ce domaine décident par la suite de se tourner vers des postes à responsabilités plus larges, comme la fonction de DRH. Nous verrons dans la suite de ce rapport vers quels métiers cette fonction peut permettre d’évoluer.

Nous pouvons constater que le métier de Responsable Rémunération & Avantages Sociaux est un métier relativement mixte, accessible aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

En mettant en relation l’âge et le genre, nous voyons que les hommes et les femmes sont équitablement répartis entre les tranches d’âge 25-35 ans et 35-45 ans. On constate également que les femmes sont plus nombreuses dans la catégorie des 45-55 ans. Nous verrons par la suite si cette répartition plutôt égalitaire entre les âges et les genres se retrouve dans la répartition des rémunérations.

 

Niveau d’études et formation

 

Il apparaît que 74 % des interviewés ont un diplôme de niveau bac+4/5 et 17 % d’entre eux ont même un diplôme supérieur à Bac+5. Cela signifie donc que la fonction de Responsable Rémunération & Avantages Sociaux nécessite un niveau d’études élevé, s’expliquant par la multiplicité des domaines à maîtriser pour exercer cette fonction, notamment des bases solides en Finance mais aussi en Ressources Humaines.

Le domaine de formation des interviewés correspond à 45 % aux Ressources Humaines et à 33 % à celui de la Gestion/Finance. Ce résultat nous permet donc de déduire que les deux cursus mènent à la fonction de Responsable Rémunération & Avantages Sociaux avec une prédominance de la filière Ressources Humaines.          

Lorsque l’on interroge les participants qui ont poursuivi leurs études au-delà d’un Bac+5 (17 % d’entre eux), on constate que la plupart d’entre eux ont complété leur cursus Ressources Humaines par une autre formation en :

  • Gestion/Finances : 47 %
  • Juridique : 20 %
  • Économie : 20 %

 

On comprend ainsi que le rôle du Responsable Rémunération & Avantages Sociaux est à la croisée des Finances et des Ressources Humaines. Nous reviendrons plus en détails sur ce rôle dans la suite du dossier.

Quant aux informations concernant l’établissement fréquenté, les personnes interviewées ont principalement des parcours universitaires (48 %) ou d’écoles de commerce (28 %). Nos recherches ont prouvé qu’il existe de nombreux Masters généralistes mais peu de formations spécialisées en la matière. Le cabinet Mercer nous a d’ailleurs confirmé qu’il est difficile de recruter dans ce domaine et que les « bons profils » sont difficiles à trouver.

Nous pouvons constater que la grande majorité des interviewés occupent leur poste depuis moins de cinq ans, alors que nous avons précédemment observé que la plupart d’entre eux ont entre 35 et 45 ans, et cumulent ainsi une expérience professionnelle d’au moins dix ans. Cela confirme que cette fonction est nouvelle, et donc que son existence dans les entreprises est récente, mais aussi qu’elle nécessite une expérience professionnelle confirmée pour être correctement exercée.

La majorité des interviewés sont présents depuis moins de 5 ans dans leur entreprise ou ont une ancienneté entre 5 et 10 ans. Cela peut s’expliquer par le fait que, de nos jours, de moins en moins de salariés restent dans leur entreprise du fait des souhaits de mobilité et de la conjoncture économique qui place les entreprises dans un continuel mouvement. Il devient ainsi de plus en plus rare de rester plus de 20 ans au sein de la même entité, ce qui se vérifie dans notre étude car seulement 11 % des participants à l’enquête ont une ancienneté supérieure à 20 ans dans leur entreprise.

On peut ainsi penser que les personnes interrogées ont été embauchées spécialement pour occuper cette fonction et que peu d’entre elles ont obtenu ce poste par le biais d’une mobilité interne. On peut alors supposer que certaines de ces personnes ont été embauchées suite à une création de poste.

qu’en très grande majorité les personnes interviewées (45 %) ont préalablement occupé un poste dans le domaine de la rémunération, que ce soit en tant qu’Analyste ou en tant que Chargé(e) d’études en rémunération.

 

Ce constat vient renforcer l’idée que ce métier est un métier d’expertise. Ce sont donc des professionnels RH ayant déjà eu à traiter de problématiques en rémunération qui sont les plus à même de continuer dans cette voie. Pour les personnes ayant occupé cette même fonction dans une entreprise différente de celle dans laquelle ils sont actuellement en exercice, nous pouvons constater que certains d’entre eux ont même connu une évolution professionnelle. En effet, nous avons pu observer que certains des interviewés occupant déjà cette fonction ont pu élargir leur champ de compétences en passant de la gestion d’un périmètre national à un périmètre international.

 

Il faut également noter que 24 % des personnes interviewées ont précédemment occupé un poste de généraliste en Ressources Humaines. Parmi ces postes ont été regroupés les métiers de Responsable RH, Responsable développement RH, Chargé(e) de projet RH ou encore d’Administration des RH. Cela nous permet aussi de démontrer que ce métier nécessite des connaissances non seulement spécifiques à la rémunération mais également des connaissances plus générales permettant de posséder une vision globale des Ressources Humaines.

 

9 % des répondants ont, quant à eux, préalablement occupé d’autres postes en RH, comme Conseiller en charge des affaires sociales, SIRH manager, Responsable mobilité internationale ou encore Consultant RH. Ce type de population constitue une minorité de notre panel mais montre qu’aucun chemin de carrière n’est impossible dans le domaine des Ressources Humaines.

 

De plus, 13 % des interviewés ont précédemment occupé un poste sans lien avec le domaine des Ressources Humaines. Nous avons notamment retrouvé parmi ces postes celui de Directeur Administratif et Financier ou celui de Juriste. Le métier de Responsable Rémunération & Avantages Sociaux étant un métier hybride entre la Finance et les RH, cela n’est pas étonnant de trouver des financiers choisissant de se tourner vers ce type de métier. Nous verrons dans la partie suivante, dans laquelle il est question des motivations pour exercer ce métier, que cela a permis à des personnes occupant des métiers plutôt financiers de se rattacher au monde des Ressources Humaines. Il en est de même pour des postes de type Juriste qui sont des experts en droit. En effet, les connaissances juridiques sont capitales pour un(e) Responsable Rémunération & Avantages Sociaux car il (elle) se doit d’avoir des bases solides en droit social et fiscal.

Enfin, seulement 9 % des personnes interrogées ont occupé un poste de Responsable Paie lors d’une expérience professionnelle précédente. Cela permet de briser l’idée reçue assimilant la paie à la rémunération.

 

Motivation

 

D’après nos interviews, les Responsables Rémunérations ont principalement fait le choix de se tourner vers cette fonction pour :

 

  • d’une part, la diversité des missions et la dimension stratégique du poste. En effet, nombreux sont ceux qui ont répondu avoir décidé de se diriger vers ce métier car il touche aux Ressources Humaines, à la rémunération, à des problématiques sociales, et qu’il implique des compétences analytiques et de négociation.

 

  • d’autre part, le contact avec les différents services de l’entreprise. Ce métier permet d’être en relation avec l’ensemble du service des Ressources Humaines mais également avec les principaux départements de l’entreprise, une richesse d’interlocuteurs qui rend ce métier passionnant.

 

Par ailleurs, il est intéressant de préciser que les interviewés ont parfois mentionné le fait qu’ils portaient un grand intérêt pour les chiffres et que l’association entre l’aspect chiffré et l’aspect RH de la fonction les avait attirés.

Nous notons que la fonction de Responsable Rémunération & Avantages Sociaux implique dans la majorité des cas un certain degré de management. En effet, 72 % des personnes interrogées ont sous leur responsabilité un à plusieurs collaborateurs. Parmi cette population, nous remarquons que la plupart des Responsables Rémunération & Avantages Sociaux (43 %) encadrent entre une et quatre personnes. La part des Responsables Rémunération & Avantages Sociaux qui n’ont pas de responsabilités en management n’est cependant pas négligeable dans la mesure où elle représente un peu plus du quart (28 %) des interviewés composant notre panel.

 

Rémunération

 

Nous constatons principalement que les Responsables Rémunération & Avantages Sociaux sont:

 

  • 33 % à percevoir un salaire de base annuel supérieur à 80.000€
  • 20 % à percevoir un salaire de base annuel situé entre 40.000€ et 50.000 €
  • 15 % à percevoir une rémunération annuelle située entre 50.000 € et 60.000 €

 

La rémunération annuelle « basse » des Responsables Rémunération & Avantages Sociaux que nous avons interrogés varie entre 40.000€ et plus de 80.000€. L’écart est particulièrement élevé.

L’une des raisons principales qui justifie cet écart est la taille du groupe. Nous avons en effet constaté que bien souvent, plus le groupe auquel le (la) Responsable Rémunération & Avantages Sociaux appartient est important, plus celui (celle)-ci a une rémunération élevée.

Les Responsables Rémunérations perçoivent également des parts variables.

 

Etude réalisée dans le cadre du Master 2 Management des Ressources Humaines de l’Université de Lille 1

par Fabiola Cariou, Anne Crosnier et Aurore Dintras auprès de 46 entreprises.

 

 

                                

 

 

 

 

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