Maîtrise du digital, ténacité et sens du marketing sont au cœur de la pratique

Le métier de sourceur n’est pas vraiment abordé dans les parcours de la formation initiale. « Historiquement, ce n’est pas une fonction qui s’apprend sur les bancs de l’école mais sur le tas, explique Jean-Marie Caillaud, fondateur du cabinet de conseil WorkMeTender. Certaines entreprises font venir des professionnels en interne pour former leurs équipes. » Il existe aussi des programmes en ligne ou en présentiel pour différents types de publics . L’École du recrutement se positionne comme ayant une offre complète en la matière. « Nous avons une formation certifiante en alternance, explique Laurent Brouat, CEO de l’école. Ce n’est pas encore la version diplômante, mais c’est notre objectif d’ici deux ans. » Le Centre national de la formation Conseil en entreprise (CNFCE) propose, quant à lui, des programmes sur deux jours qui s’adressent à des professionnels en cabinet de conseil ou de recrutement et à des responsables de service RH. La Cegos offre aussi une formation d’une journée pour acquérir les fondamentaux du recrutement en ligne en vue du sourcing. Cette classe s’adresse également à des professionnels des ressources humaines.

Faire preuve de résilience

Pour devenir sourceur, la curiosité, la capacité à approfondir un sujet et fouiller sont fondamentaux. « Le métier recouvre une forme de passion, analyse Laurent Kermel, dirigeant Hubistaff et cofondateur d’Admyjob, des sociétés de conseil en RH. Tout ne se passe pas du premier du coup, il faut faire preuve de résilience. » Le sourceur doit aussi aborder une attitude commerciale pour la seconde phase de son métier, celle du « démarchage » de candidat. Il doit savoir faire preuve d’empathie pour aborder ses cibles et savoir quand relancer.

Si certains recruteurs vont se tourner vers des profils en début de carrière, ce n’est pas une généralité. Christophe Barré, DRH à l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) a recruté une sourceuse âgée d’une cinquantaine d’années. C’est justement sa spécialisation dans le sourcing qui a fait la différence. « Son expérience est complétement centrée sur la fonction. Elle n’a pas eu un parcours dans le recrutement, puis dans la gestion du personnel, etc. Mais elle a pratiqué le sourcing dans différents environnements, ce qui a été un plus. »

Appréhender les besoins métiers de l’entreprise

Autre atout de cette sourceuse, sa maîtrise des outils digitaux. « Elle connaissait les codes pour communiquer sur les différents supports et notamment en ligne, cela a aussi fait la différence, confirme le DRH. Ces outils risquent d’évoluer. La capacité à suivre les innovations digitales est indispensable. »

Le sourceur doit enfin savoir appréhender les métiers de son entreprise pour être en mesure de comprendre les compétences et les types de personnalités nécessaires aux postes à pourvoir. « Nous travaillons en relation avec des institutionnels, des organismes paritaires, avec l’État ou encore l’assurance maladie, illustre Christophe Barré. Nous ne sommes pas une entreprise classique. Notre sourceuse devait être capable de saisir ces subtilités et de les chercher dans les profils à recruter. »

 

 

Chloé Goudenhooft

 

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