22.8 C
Paris
samedi 25 septembre 2021

Sourceur : un métier qui sort de l’ombre

LES PLUS LUS

La spiritualité redonne-t-elle du sens à l’entreprise ?

Du fait religieux à la méditation. Entretien avec Muriel Jaouën.

Les neurosciences au service de l’entreprise apprenante

Les apprenants modernes ont changé : ils n’ont plus le temps de se former. Mais paradoxalement cela devient de plus en plus essentiel pour développer...

«Le DRH doit être le pilote de la transformation en alignant le corps social et l’esprit de la gouvernance»

Interview de Marie-Alikce Portmann, DRH Ayming.   Comment voyez-vous votre métier aujourd’hui et quels conseils donneriez-vous pour amener un collectif vers des objectifs communs?   Le DRH est amené...

Les DRH enclins à faire de l’ingénierie de l’innovation pour agréger les compétences

Comment la fonction RH est-elle amenée aujourd’hui à déployer des écosystèmes digitaux RH? Cela fait un peu plus de 5 ans que la fonction RH...

Autrefois déprécié, le sourcing prend ses lettres de noblesse

Le sourcing n’est pas simple : détecter la perle rare au sein d’une masse d’actifs qui ne se considèrent pas comme candidats… Mais ce n’est pas tout. Il faut ensuite entrer en contact avec la personne identifiée et la convaincre de s’intéresser au poste offert par une entreprise souvent concurrente de celle où ce professionnel travaille actuellement. Pour repérer ces personnes, le sourceur recourt à différents canaux, dont les réseaux sociaux professionnels. La maîtrise des techniques digitales est donc incontournable. Par son analyse du marché, il doit pré-qualifier des candidats et valider a priori leur potentiel. Le sourceur « pur » s’arrête à cette phase du recrutement. « Il ne va pas jusqu’à l’entretien physique, précise Laurent Kermel, dirigeant Hubistaff et cofondateur d’Admyjob, des sociétés de conseil en RH. Néanmoins, il doit donc avoir la capacité à générer du désir chez les personnes contactées. Le désir de poursuivre le processus de recrutement… Il y a une dimension marketing très forte dans le sourcing. »

Un poste qui prend du poids

La fonction était d’abord une des composantes du poste de chargé de recrutement. Depuis, elle s’est transformée en métier à part entière. Le déploiement des outils digitaux dans les ressources humaines a contribué à cette transformation, un processus qui s’est accéléré il y a environ cinq ans. L’autre facteur qui pousse les entreprises à recruter des sourceurs, c’est bien sûr la guerre des talents et la transformation du marché du travail. Christophe Barré, DRH à l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) a dû recruter une sourceuse pour faire face à de nouveaux besoins. « En ce moment, je dois embaucher sur 40 à 50 postes, c’est colossal ! Pendant longtemps, les candidats venaient à nous naturellement, mais ce n’est plus le cas. Et alors que le métier de préventeur n’existait quasiment pas, aujourd’hui, il y a possibilité de faire carrière dans des entreprises, d’où le besoin d’un sourceur pour chercher des candidats et faire connaître notre marque employeur. » Le poste est pour l’instant en CDD, mais la question de sa pérennisation devrait se poser.

Laurent Kermel explique aussi que le poste de sourceur a souvent servi de porte d’entrée dans une carrière de recrutement. « Il rassemble les tâches qui s’effectuent en amont, et qui n’étaient pas considérées comme les plus nobles, détaille-t-il. Le poste prend désormais plus de poids. » Le marché du sourcing est d’ailleurs lui-même en tension. « Trouver des sourceurs efficaces, c’est difficile, confirme Jean-Marie Caillaud, fondateur du cabinet de conseil WorkMeTender. La tension du marché s’est répercutée sur le marché des recruteurs. La compétence en sourcing est prédominante, alors qu’avant, elle était reléguée au stagiaire ou à des prestataires externes. Ce n’était pas le métier le plus noble. »

Le sourcing décorrélé du recrutement

Aujourd’hui, le métier émerge en entreprise mais surtout dans les sociétés qui ont un gros volume de recrutements. Le salaire tourne alors entre 30 000 à 45 000 euros. « A ce fixe moyen, s’ajoute des primes et des bonus en fonction de la réussite, précise Laurent Brouat, CEO de l’École du recrutement. « Les sourceurs sont aussi présent chez les intermédiaires du marché, comme les cabinets de recrutement ou les entreprises de travail temporaire », nuance Laurent Kermel. Selon le spécialiste, certains acteurs vont d’ailleurs décorréler le sourcing du processus global pour apporter de la valeur à leur travail : « nous faisons le sourcing pour vous, vous gardez le recrutement. » Laurent Brouat estime quant à lui que les start-up, au sens propre du terme, recourent aussi à des sourceurs car elles emploient sur des métiers en tension et en croissance.

 

Chloé Goudenhooft

 

 

 

 

Autres articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

DERNIERS ARTICLES

Teleperformance généralise le télétravail et double ses effectifs pour répondre aux besoins de ses clients

Interview de Sandrine Wetter, DRH France de Teleperformance   La crise vous a permis de généraliser le télétravail. Pouvez-vous nous expliquer l’organisation que vous avez dû...

Viser le triple ROI économique, environnemental et social avec le numérique à impact

Interview de Frédérick Marchand, co-fondateur de Digital4better.   Concilier transformation numérique et responsabilité sociétale : voilà un challenge de taille. En quoi les DRH sont-ils en première...

La tendance Green IT touche les RH

Faire de la crise une opportunité RH pour accompagner une transition durable. Tribune de Pascal Pezard, co-fondateur et responsable R&D de Sopra HR Lab,...

Autonomie, responsabilisation et confiance permettent une adaptation rapide en période incertaine

Interview de Solène Hébert, DRH d’Harmonie Mutuelle.   Est-ce que la crise sanitaire vous a permis de repenser l’organisation du travail ? L’impression à tirer de cette...

Gestion de crise et recentrage sur l’essentiel !

Interview de Guillaume Rabel-Suquet, DRH au sein du Groupe Manitou. Quelles sont été les conséquences de la crise sanitaire sur l’organisation du travail ? Sans nul...