Dans son ouvrage « Éloge du retard de l’entreprise » (Eyrolles, 2014), Dominique Turcq livre ses réflexions pour transformer le retard des entreprises françaises en avantage compétitif.

 

 

À qui s’adresse l’ouvrage ?

 

 

Le livre s’adresse en priorité aux cadres dirigeants, membres de comex, mais aussi de façon plus générale à tous ceux qui soient trouvent leur entreprise un peu « ringarde ». Il veut leur dire que ça se soigne et pas nécessairement en courant de façon effrénée après la « modernité ».

 

 

Pourquoi avoir décidé d’écrire sur ce thème ?

 

 

À l’heure actuelle, toutes les entreprises sont en retard et travaillent pour le combler ! Ce retard est multidimensionnel, réel et inéluctable. Même les leaders sont dépassés par les manifestations qui sortent de leur champ de compétences. Les nouvelles technologies et les habitudes sociales sont en constante évolution et de façon si rapide qu’il est quasiment impossible de rester à la pointe du progrès. Google, par exemple, a raté le virage des réseaux sociaux. Or, le retard constaté est également une chance stratégique de rebond. J’ai voulu analyser les causes profondes de cette perception du retard et proposer des pistes concrètes pour le transformer en avantage compétitif.

 

 

Quels messages forts à retenir ?

 

 

L’entreprise va devoir intégrer les évolutions majeures qui s’installent en dehors de ses murs et les habitudes sociétales qui en découlent. L’innovation est aujourd’hui combinatoire et se développe dans des environnements collaboratifs. Le crowdsourcing interne devient essentiel pour répondre à des besoins de travail en communautés initiés par les réseaux sociaux. Si les entreprises favorisent la collaboration, elles doivent parallèlement revoir leurs méthodes d’évaluation qui sont basées sur l’individu. L’entreprise va également devoir combler ses lacunes en matière de gestion de données et anticiper ses besoins en compétences pour les gérer. Le big data est une des grandes révolutions du XXie siècle. Elle va devoir comprendre comment et quand des innovations comme les imprimantes 3D vont impacter également sa production, les savoir-faire dont elle aura besoin, etc. Les Apps devraient également se répandre dans les entreprises afin d’apporter des services aux salariés. Les MOOCs (Massive Open Online Courses) ont déjà commencé à révolutionner les approches en matière de formation. C’est d’abord un changement de regard sur le monde qui est nécessaire. Tout changer à la fois sous prétexte qu’on est en retard serait absurde. On sera toujours en retard par rapport à une société et des technologies qui évoluent aussi vite. Il faut savoir choisir ses courses.

Être un suiveur a donc du bon. Ainsi, les entreprises, un peu plus aguerries, peuvent focaliser leurs efforts sur l’existant, profiter de l’innovation sans y consacrer trop de ressources. Elles peuvent capitaliser leurs savoirs sur toutes les expériences accumulées pour apporter plus de sens, plus d’humain aux employés, clients, fournisseurs, candidats. La question n’est plus de savoir si on est leader ou suiveur mais si on a la capacité à apporter le bon service innovant au bon moment et aux bonnes cibles ! Les jeux ne sont jamais faits et il revient au dirigeant aujourd’hui la responsabilité de retirer les barrières afin que l’entreprise devienne une communauté innovante. Pour cela, il doit entre autres favoriser la communication horizontale, encourager les projets transversaux, casser les cloisons organisationnelles et multiplier les espaces de convivialité. Le digital est ici un allié du changement car il bouscule certes mais il ouvre de nombreuses portes et tout un chacun, les voyant dans sa vie personnelle, a envie de les amener dans l’entreprise.

 

 

 

Se procurer le livre aux Editions Eyrolles

 

Fondateur de l’Institut Boostzone, Dominique Turcq est diplômé d’HEC, Docteur en sciences sociales (EHESS, Paris) et en management (Doctorat HEC).

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