Loin d’être superficielle et dans un monde de bisounours, la Génération Z s’adapte à l’évolution de notre monde en souffrant de la crise pandémique et du confinement.

Ils sont nombreux actuellement les articles sur la santé mentale des jeunes et plus précisément sur la génération Z née avec la technologie et le Nouveau Monde entre 1995 et 2015. Par santé mentale, je définirais tout ce qui touche à l’anxiété, du simple souci à l’angoisse passagère réunis sous le vocable commun « stress ». En cas de récurrence, ce stress est capable de plomber, pour un temps défini ou indéfini, une motivation, une action, une trajectoire personnelle et professionnelle, un plaisir ou une joie de vivre aussi et ce, jusqu’à un potentiel phénomène dépressif faisant le bonheur des laboratoires pharmaceutiques et des vendeurs de benzodiazépines depuis de nombreuses années.

De nombreux spécialistes le confirment : le COVID et le confinement ont amplifié et alerté sur un phénomène chez ces jeunes qui ont notamment eu, en cette année 2020, la responsabilité d’un choix. Ces Z’anxieux 15-25 se sont cherchés en matière d’orientation ou de continuité scolaire ou professionnelle, aux portes de l’emploi pour certains, sous pression de parents dépassés et souvent inquiets. Ils ont oscillé et parfois sauté entre les barreaux d’une longue échelle, allant du simple renoncement (je suis nul, j’arrête) au combat (je postule partout ou m’engage dans une 3ème licence), de l’inquiétude plus ou moins sévère (je ne vais pas y arriver) à l’arrogance du superpuissant (ça va passer, je suis une star sur instagram), toutes et tous à la recherche de cet alignement fragile porteur de sens, entre les pensées, les sentiments, les actions et terriblement démunis tant ils ont manqué entre autres d’estime et de confiance en eux-mêmes.

Alors, je vous entends déjà réagir, vous qui critiquez leur appartenance à une autre dimension et les étiquètent de vos croyances, perdus dans une incompréhension intergénérationnelle abyssale mais voilà, ils sont notre avenir et il va bien falloir faire avec. Nous les « Boomers », mis à l’amende à juste titre souvent par ces jeunes qui savent tout (en tout cas plus que nous à leur âge), qui critiquent (nous portons la responsabilité du monde qui les entoure et de l’exemple que nous leur avons donné, qu’ils ont observé et reproduit…), qui sont dépendants, paresseux (nous avons tant sacrifié…), égocentriques, bien plus gâtés que nous (matériellement peut être … pour le reste je ne suis pas sûre), plus mal préparés à la vie (à qui la faute ? il est vrai que la famille et l’école ne préparent pas encore assez au Nouveau Monde), ingérables dans les organisations (ils veulent du sens et de l’impact…comme nous et c’est le privilège de la jeunesse) et qui veulent surtout tout et tout de suite, dotés de l’outil infernal en guise de 3ème main qui leur dit quoi faire, quand et comment le faire, qui contrôle leur vie et leurs relations orientées prioritairement plaisir parce que, eux ils veulent kiffer leur « life » à 11 ans avec leur communauté réunie sur Tik Tok, Snapchat et instagram !

Privilégiés les Z, vraiment ?

Alors, non, de notre temps ce n’était pas mieux …c’était juste plus calme et plus serein parce que les grandes lignes étaient assez simples, on étudiait, on était diplômé, on avait un métier, on se mariait, on travaillait, on faisait des enfants… la carrière était linéaire, la vie aussi… Nous n’étions ni dans la globalisation, ni dans la névrose de l’identité virtuelle et du poids de l’environnement. Comparés à eux, nous étions chez les bisounours. Cette génération, elle, elle est dans le recyclage permanent et le flux continuel et incessant, celui qui les force à encaisser plus ou moins de stress ou d’anxiété, un moteur pour ceux à qui on a appris à gérer leurs émotions mais un vrai danger pour ceux qui vont les fuir ou les nier.

Trop c’est trop

En 15 ans, elle a connu la révolution digitale, l’ouverture à la connaissance, l’addiction à la dopamine dans un contexte d’accélération du temps mais aussi le terrorisme, les surprimes, la croissance nulle, la crise, la mondialisation, l’incertitude, le réchauffement climatique, la complexité et maintenant la pandémie. Elle travaille souvent en même temps qu’elle va chercher son diplôme parce que le coût de la vie, de la mobilité et des études est élevé et que les parents ne peuvent pas suppléer. Parce que le diplôme n’est plus un gage de réussite et de sécurité d’emploi, elle sait se réinventer et compiler les identités comme les cordes à son arc pour se démarquer. Surqualifiée ou sous qualifiée, avec ce côté slasheur ou entrepreneur lui conférant une certaine liberté combinée à une instabilité constante aux conséquences impossibles à prévoir, elle est tout naturellement super vulnérable. Et vous ne voulez pas qu’elle s’inquiète ? Eh bien oui … Mais elle ne veut pas pour autant de notre monde inhumain et procédurier qui entrave !

Connectée et mal informée … en quête permanente de vérité et de repères

Elle est constamment connectée et veut être libre, elle interagit en permanence et aime appartenir à une large communauté, jouer les trolls ou les hackers dans un système ou une organisation plus large que la sienne. Le « drama » la fait rire, mais elle sait en jouer pour demander ses droits. Elle a au moins vécu une fois la cyber intimidation (souvent au collège), comme des périodes de manque de socialisation et commence à reconnaître le besoin de déconnecter sans pour autant y parvenir on le sait. Les réseaux sociaux l’influencent plus que de raison et elle ne croit pas en la vérité dans le déluge continuel et transversal de l’information mensongère et des doutes qu’elle subit. Elle maitrise donc peu dans ce monde nouveau car on ne lui a jamais appris, l’esprit critique, la résolution de problème, la confiance, l’intelligence émotionnelle, l’empathie, la vision etc… bref toutes ces compétences comportementales baptisées les softskills et revisitées capables de les aider à surmonter l’angoisse de faire « tout en même temps » alors que le monde bouge en permanence et à se débarrasser de la quantité de dopamine et de cortisol qui en fera une dépendante.

Alors, moi ces jeunes-là, je les ai connus dans l’enseignement supérieur et actuellement je les vois vivre dans mon activité puisque je coache leurs neurones. Ils m’épatent parce qu’ils sont combattifs, sans filtres. Je salue leur clairvoyance et leur conscience comme leur courage quand ils ne comprennent pas pourquoi « ça ne va pas bien ». Du collège aux BTS, des quartiers privilégiés aux plus en difficultés, ils ont envie de comprendre. Je les accompagne avec bonheur à être eux-mêmes car même s’ils sont ouverts d’esprit, rompus à la diversité, ambitieux avec un désir d’impact, idéalistes et créatifs, ils ont besoin de professionnels du présent et du futur qui leur permettent en quelques semaines de mieux se connaître, de retrouver de la force, du courage, de la valeur et de faire vivre comme de savoir communiquer ou défendre une éthique et des valeurs fortes pour développer la saine motivation et mener à bien leur projet dans le plaisir et sans procrastiner. C’est ainsi que cela fonctionne ! C’est ainsi qu’ils vont retrouver le plaisir, et la foi en eux même avant de retrouver celle à l’Autre et à l’environnement. Jamais notre monde n’a eu autant besoin de cela. Il n’est pas trop tard pour les accompagner parce qu’ils sont encore dans la période caractérisée par la formation de leur identité et la recherche de sens ; leur néocortex ne sera définitivement formé qu’autour de leurs 25 ans. Ils le méritent.

C’est donc à nous dans les organisations à les aider à être un peu plus eux-mêmes, à gérer leurs émotions et à développer une nouvelle estime pour contre carrer ce monde anxieux qui n’a en effet plus de sens parfois, c’est à nous de faire ce pas y compris pour nous même et de leur demander de nous aider à être plus enclins à la diversité, à la parité, plus à l’aise avec les opinions non traditionnelles sur le sexe et la politique pour que tous ensemble nous naviguions dans un monde et des organisations plus sereines, éco conscientes, représentantes et créatrices de valeur toujours plus humaine. Un chantier qui n’a somme toute rien d’angoissant !

Laurence Maire

Après près de 30 ans de carrière dans l’enseignement supérieur et le management, un parcours diplômant en ressources humaines Laurence Maire est désormais coach certifiée en neurosciences motivationnelles par l’Institut des Neurosciences appliquées de Montréal/paris. En ces temps chahutés elle accompagne aussi dirigeants de TPE/PME, mais surtout les 15/25 et jeunes entrepreneuses dans l’optimisation de leurs mindset afin de développer les comportements conscients et sereins face aux défis du nouveau monde…l

En amour, comme on dit au Québec, avec la génération Z qu’elle a longtemps pratiqué , et rompue à la diversité et à l’égalité des chances, elle sait optimiser leur motivation et les aider à mettre en place les outils indispensables à la réussite de leur orientation scolaire, universitaire et professionnelle à partir de l’expression de leur identité, de leurs reves, de leurs émotions et de leurs talents. Elle a des marottes, des mentors et des convictions sur le rôle des RH dans les organisations, anime des ateliers et des conférences sur les sujets de l’intergénérationnel et du manager coach. Son site : https://www.lm-dreamcatcher.com

 

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