Issu des RH ou de fonctions commerciales, le consultant outplaceur doit élargir le champ des possibles pour le salarié à reclasser et l’ouvrir par conséquent à de nouveaux métiers.

 

 

L’outplacement s’inscrit sur le long terme. « La plupart des personnes que j’outplace profitent du bilan de compétences pour réaliser un vieux rêve professionnel, constate Corinne Brunet du cabinet de coaching Alice Conseil. Mon but est de réfléchir aux chances d’aboutir de ce projet et aux points forts de l’outplacé. » Savoir faire preuve de discernement est indispensable, afin de ne pas orienter les gens sur des voies de garage. L’analyse, l’écoute professionnelle et la curiosité sont quelques-unes des autres qualités attendues chez l’outplaceur.

 

 

Un défricheur

 

 

Le consultant en outplacement est un gestionnaire des talents qui doit avoir un œil tourné vers l’avenir et (faire) découvrir des métiers méconnus. Corinne Brunet témoigne : « En accompagnant une assistante commerciale qui voulait devenir infirmière, j’ai moi-même appris l’existence de l’activité de socio-esthéticienne, consistant à proposer des soins à des populations socialement exclues. Je me suis dit que cela pouvait plaire à cette femme et elle a voulu en apprendre plus. » L’outplaceur devra concilier l’expérience du consultant senior et la motivation du jeune diplômé. Beaucoup de consultants dans l’outplacement viennent de secteurs variés et il n’y a pas de formation spécifique à ce métier. Ils ont donc souvent envie d’apprendre. On trouve des anciens RRH, des personnes qui ont été elles-mêmes recrutées en outplacement, des formateurs, mais aussi des profils commerciaux. Ce qui n’étonne pas Corinne Brunet : « Dans ce métier, il faut savoir faire du business, dynamiser les candidats et les pousser à se vendre. » Le salaire mensuel est d’environ 3 000 euros net. « La rémunération est évidemment liée à la réussite, à l’objectif d’apport et de réalisation » précise Corinne Brunet. Un bon revenu comparé au salaire d’un conseiller en insertion professionnelle (moins de 2 000 euros net par mois). Il faut dire que les missions d’outplacement individuel peuvent coûter entre 6 000 et 20 000 euros.

 

 

Se diversifier

 

 

À l’heure actuelle, les postes à pouvoir ne concernent pas un secteur en particulier. L’outplacement doit répondre à une problématique de reclassement et résulte d’une prise de conscience de l’entreprise de son rôle citoyen. Pour la fondatrice d’Alice Conseil, « on constate que ce sont les structures les plus en pointe sur les ressources humaines qui ont recours aux outplaceurs » Par ailleurs, certains cabinets délaissent l’activité car ils n’y voient pas une source de revenus suffisante. Et si la crise peut favoriser les budgets du conseil en recrutement, ce n’est pas le cas pour l’outplacement. Les professionnels du reclassement ont donc tout intérêt à diversifier leurs prestations, en proposant également du coaching personnel et de la chasse de têtes. Afin d’avoir plusieurs cordes à leur arc et différentes flèches dans leur carquois.

 

 

Guillaume Serres

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