La prise de conscience de la responsabilité sociale et sociétale des entreprises est une conséquence positive de l’impact de la transformation numérique.

Pour 70 % des répondants de l’étude réalisée par Deloitte sur les tendances RH pour l’année 2018, figurent les questions sociales et sociétales.

“Cette montée de la prise en compte de l’empreinte sociale n’est pas seulement due au développement d’une conscience collective, c’est également le fruit d’une réflexion rationnelle économique”, affirme Philippe Burger, associé responsable capital humain chez Deloitte.

Ainsi, si de plus en plus d’entreprises déploient des programmes sociaux, les raisons sont multiples : 30 % le font pour développer leur marque employeur, 18 % pour fidéliser leurs salariés et 18 % pour valoriser davantage leur image de marque et d’entreprise.

Un engagement qui fait mouche auprès des collaborateurs et notamment auprès des plus jeunes.

Ainsi, 86 % des Millenials pensent que la réussite d’une entreprise ne se mesure pas seulement par ses indicateurs financiers.

D’ailleurs, 67 % des Millenials répondants sont prêts à rejoindre une entreprise qui s’engage sur les thématiques sociales et sociétales.

Pour Philippe Burger, il est donc essentiel que “les entreprises intègrent ces changements et se transforment en entreprise sociétale. C’est-à-dire une organisation qui se soucie autant de ses résultats financiers que de son empreinte sur son écosystème, qui est exemplaire et qui favorise la coopération”, souligne Philippe Berger.

Une harmonie qui, pour réussir, doit être portée et impulsée par les dirigeants. “Il doit y avoir une réponse collective aux différents enjeux, affirme de son côté Gabriel Bardinet, directeur capital humain chez Deloitte. Pour 35 % des répondants, c’est cette organisation collective qui permettra d’avoir une croissance à deux chiffres.”

Votée le 9 octobre 2018, la Loi PACTE – à travers son article 61 – entérine la création du statut d’entreprise à mission. Au-delà de l’aspect purement juridique, elle admet qu’une entreprise produit un sens qui s’incarne dans une mission et doit se refléter dans une gouvernance cohérente, à la fois en termes de logique d’investissement et de prise de décisions.

A la question : « En renforçant la présence des salariés au capital, ne craignez-vous pas une réaction de la Bourse, où les investisseurs préfèrent le court terme et la rentabilité au progrès social ? » Emmanuel Faber, PDG de Danone répond : « Ils ne vont pas être surpris. Voilà 5 ans que nous parlons de la révolution de l’alimentation. Ils savent que nous sommes face à 2 choix : soit rester en l’état, soit aller dans le sens de l’histoire en conciliant croissance économique et progrès social. Dans le premier cas, nous pouvons augmenter nos ventes à court terme et doubler notre cash-flow, mais cela ne durera qu’un temps. L’autre voie que nous avons choisie privilégie le long terme. La fixation d’objectifs, s’ils sont clairs, n’est plus un élément différenciant. La question est celle de l’engagement des salariés. Or, quand vous expliquez aux salariés qu’ils vont bénéficier d’un dividende multiplié, cela ne peut que renforcer leur engagement ».

Même si la réalité quotidienne pour nombre des salariés de Danone n’est pas encore au niveau de cette ambition, il n’en demeure pas moins que de tels propos et engagements tenus par leur PDG sont facteurs de fierté et d’engagement.

Les Millenials sont aujourd’hui convaincus que l’influence des dirigeants d’entreprise sur le monde est plus importante que celle des chefs d’Etat.

Dans le Livre Vert de la Responsabilité Sociale des Entreprises publié par l’Union Européenne, il est précisé : « Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au-delà et investir « davantage » dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes. »

Les investisseurs considèrent aussi que le capital humain représente un asset de l’entreprise.

Ainsi, Sycomore Happy@Work investit dans les sociétés européennes qui accordent une importance toute particulière à la valorisation du capital humain, premier vecteur de performance durable d’une entreprise. La sélection de valeurs est réalisée au travers d’une analyse fondamentale rigoureuse doublée d’une analyse ESG (environnementale, sociale, gouvernance) avec une dimension sociale prépondérante. L’avis d’experts, de responsables du capital humain, de salariés et des visites de sites alimentent cette analyse.
Le fonds vise une performance à 5 ans supérieure à celle de l’indice Euro Stoxx.

Nous allons vers un monde où la technologie se banalise. Elle ne sera bientôt plus la barrière à l’entrée.

Qu’est-ce qui restera donc aux entreprises pour se différencier, attirer, motiver, engager et fidéliser si ce n’est la valorisation de son capital humain ?

Bruno Gérard a été directeur associé d’une agence de conseil en communication, puis Media Sector Sales Manager chez British Telecom, a occupé les fonctions de directeur de projet transformation digitale et directeur de la Communication Open Innovation au sein du groupe Orange pendant 6 ans. Il a créé son cabinet Digital Impact Consulting autour de l’expérience client et collaborateur en février 2017. Depuis juin 2018, il est également Ambassadeur Référent Club pro Ressources Humaines de l’EDHEC Business School.

 

 

 

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