Toujours plus, toujours plus loin, toujours mieux dans une course contre le temps … STOOOOP ! De nombreux ouvrages tirent la sonnette d’alarme.

Notre société est en burn-out et, dans le monde du business, un réel enjeu humain et organisationnel existe selon Pierre Moniz-Barreto. Son dernier ouvrage prône le « Slow business » (éditions Eyrolles).

 

 

 

La « slow attitude »

 

 

 

La « slow attitude » devient aujourd’hui un enjeu de bien-être et de performance collective. Véritable guide, le livre de Pierre Moniz-Barreto aide à lutter contre le temps toxique en s’appuyant sur l’exemple de nombreux chefs d’entreprise. Il montre comment devenir un guerrier du kairos, c’est-à-dire percevoir la bonne solution pour agir au bon moment, et prône la phronesis, le fait de penser sainement, vue par Aristote comme l’une des plus belles vertus intellectuelles. Il ne s’agit pas de travailler plus lentement mais mieux. L’homme pressé doit devenir l’homme avisé, le phronimos. Le but est de maîtriser l’art réalisé et de se donner le temps de la réflexion et de la prise de recul. Les préceptes de la Grèce antique peuvent être transposés à l’heure actuelle et l’auteur offre de nombreuses pistes de réflexion.

Il faut retrouver le temps pertinent comme l’écrit Bruno Mettling, directeur général adjoint du groupe Orange en charge des ressources humaines et de la communication interne, dans son ouvrage « Entreprises : retrouver le temps pertinent » (éditions Débats publics). Selon lui, des objectifs centrés sur le court terme et la course à la profitabilité presque immédiate représentent des freins majeurs à la mise en place d’une vision stratégique sur le long terme. Il y a des équilibres à réinventer pour maîtriser le temps et mettre en place des actions efficaces.

 

 

 

 

Le « slow management »

 

 

 

 

L’environnement de travail axé uniquement sur les résultats (Results-Only Work Environment ou ROWE) est un projet développé par Cali Ressler et Jody Thompson dans leur livre « Pourquoi le travail nous emmerde… et comment faire pour que ça change » (éditions Maxima). Les salariés deviennent libres de leur temps et se montrent en contrepartie efficaces. Les managers deviennent alors, dans ce contexte, des gestionnaires du travail et non plus des salariés. Les collaborateurs peuvent ainsi travailler d’où ils veulent et quand ils le souhaitent si le résultat est là. Chaque personne sait, normalement, quand elle peut donner le meilleur d’elle-même et être plus productive.

Le « slow management » permet de rendre les salariés autonomes. Fondé sur la coopération, il tend à se développer. Organisés en équipes et sans chef de projet, les salariés se fixent des objectifs sur le court terme (Lire l’article Vie de bureau. Avec le slow management, les salariés sont autonomes). Il s’agit d’une démarche participative où chacun apporte son avis pour améliorer le travail ou l’outil de production.

 

 

 

 

La « slow communication » et le « slow recruitment »

 

 

 

 

L’information pléthore tue l’information. La multiplicité des outils tue l’outil. Les sites emploi, les sites carrière des entreprises, les réseaux sociaux sont autant de canaux de communication et de recrutement de nos jours. Mais les salariés et les employeurs ne savent plus où donner de la tête. Le monde va trop vite. Là aussi, il faut calmer le jeu. Tout est tellement à la portée de tous qu’il y a une imbrication entre les qualités professionnelles et le comportement privé. La frontière disparaît et la vie privée est exposée. Pour les entreprises, le défi de ces prochaines années est d’apprendre à cibler le cœur du talent, notamment grâce à des outils d’évaluation plus ciblés. Pour les salariés, il s’agit d’arrêter la course à la surenchère d’un personal branding (ensemble des techniques qui permettent d’identifier et de promouvoir sa marque personnelle) plus ou moins bien maîtrisé. Prendre le temps tout simplement d’affiner ses critères de sélection de part et d’autre. Communiquer davantage sur le fond et non sur le déferlement des informations. Choisir et non plus subir en somme. Retrouver du sens, son sens, dans le tumulte. Ce n’est que le début de la philosophie du « slow ».

 

 

 

Christel Lambolez

 


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