Des entreprises commencent à employer des chief happiness officers, mais la fonction reste assez informelle et les sociétés ont recours à des professionnels plus pour tester le métier que pour un recrutement répondant à un vrai besoin. Le responsable de la qualité de vie au travail, sorte d’équivalent du Happy RH dans des organisations soumises à une réglementation forte, a, quant à lui, émergé au sein des entreprises il y a un an et demi.

 

 

 

Certaines entreprises misent sur le bonheur pour générer de la performance et ont décidé de créer un nouveau métier : celui de responsable du bonheur. Chief happiness officer, happy RH, feel good manager… le nom change en fonction de l’entreprise mais l’objectif reste le même : créer une bonne ambiance au travail tout en assurant la sécurité des employés. Sophie Hauret, associate business director chez Robert Half, explique n’avoir jamais eu à traiter des recrutements sur ce poste. En revanche, depuis un an et demi, des demandes apparaissent sur des profils de qualité de vie au travail. Cette fonction est pour l’experte une variante du happy manager. «La sémantique varie en fonction de l’entreprise. Les structures plus classiques vont avoir recours à des QVT pour faire respecter la réglementation en terme de qualité et de sécurité au travail. Ce type de poste est recruté dans les entreprises du bâtiments, de l’automobile, de l’industrie, par exemple. Le chief happiness officer sera plutôt recherché dans des start-up, à côté du community manager, en vue d’améliorer la vie au travail. Les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes.»

 

 

Explorer les nouveaux modes de manager

 

 

Qu’en est-il alors des recrutements de chief happiness officer ? Selon Alexandre Pachulski, Chief Product Officer et cofondateur de Talentsoft, éditeur proposant une solution en mode SaaS de gestion des talents, la fonction est «moins exotique» aujourd’hui, alors qu’elle n’était pas prise au sérieux il y a quelques temps. Mais dans certaines structures qui ont recours à ce poste, le happy RH semble faire office de « rat de laboratoire». Ava Virgitti, par exemple, a été recrutée en juillet 2015 comme feel good manager au sein de la Villa Bonne Nouvelle du groupe Orange. «Ma mission principale est d’explorer les nouveaux modes de manager. J’ai trois casquettes. Je gère l’animation de communautés ou de collectifs d’internes et d’experts. J’ai un deuxième rôle de vecteur entre les gens, pour les amener à ce connaître et à collaborer sur des projets. Enfin, j’ai une fonction de business developer, dans le but d’ouvrir le lieu à l’écosystème start-up et à d’autres groupes pour partager et faire des échanges.» Mais ce poste n’a pas été une création classique car l’entité Villa Bonne Nouvelle est un lieu d’innovation RH conçu pour expérimenter des nouvelles fonctions dans le secteur. L’idée du feel good manager est donc au banc d’essai et en gestation au sein du groupe dans le but de tirer de cette expérience des bonnes pratiques et des méthodes à réutiliser et diffuser.

 

 

Fonction informelle

 

 

Même son de cloche au sein de la société Jabra. Si un des salariés de l’entreprise se présente comme chief happiness officer, c’est un titre qu’il s’est donné de façon informelle et il occupe d’autres fonctions. Mais cette personne est en charge de la recherche sur les nouvelles pratiques en entreprise et sur la façon d’optimiser la productivité. «Un des grands domaines en la matière, c’est de rendre les employés heureux», résume-t-on en interne, expliquant ainsi l’attribution de ce titre. Évoquer le statut est finalement une manière de poser le sujet sur la table et de placer la question du bonheur au travail au centre des discussions, ce qui n’a pas impliqué, dans ce cas ou pas encore en tout cas, de recrutement ou de création de poste.

 

 

 

Affirmer que le bien-être est un vrai sujet

 

 

 

Toutefois, des entreprises ont bel et bien franchi le pas, à l’image du Coq Sportif ou de Payname. Selon Alexandre Pachulski, les organismes le plus susceptibles de recruter sur ce type de poste sont celles de l’univers classique du tertiaire, avec des métiers à prestations intellectuelles. «C’est aussi le cas des entreprises qui veulent travailler leur marque employeur et qui veulent affirmer au marché de l’emploi et aux candidats que le bien être est un vrai sujet de préoccupation au sein de leur entité. Le message consiste à dire : si vous venez chez nous, vous serez mieux que chez le voisin

 

 

Chloé Goudenhooft

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