La transformation en leader positif au service d’une entreprise positive est un révélateur de la culture de l’organisation. Autant dire que toutes les entreprises ne sont pas prêtes à basculer dans ce type de leadership. A la différence d’autres modèles qui prônent la fin de la hiérarchie et la suppression des lignes managériales, ici il s’agit avant tout de transformer les pratiques managériales et les attitudes des dirigeants et managers. Les principales barrières au leadership positif sont : des cultures de travail hiérarchiques, directives, centralisées, des processus de travail fermés, contrôlant, prévisibles, les freins à la transformation en général, l’utilisation dans un but unique de productivité ou de rentabilité, une absence de cohérence dans une vision désireuse de servir à la fois les personnes, la planète et les profits.

 

 

 

Les qualités du leader positif

 

Un leader positif développe les qualités suivantes :
• La conscience et la connaissance de soi, l’attention ouverte et la présence authentique, pour déjouer les pièges de ses pensées et incarner un leadership plus authentique
• Comprendre et cultiver l’optimisme, explorer le possible, capitaliser sur les points forts pour imaginer et construire demain
• Mobiliser ses forces et ses valeurs personnelles, révéler sa nature profonde, lâcher l’armure du leader héroïque, agir selon ses valeurs, rétablir ses priorités
• Utiliser les émotions positives pour créer des connexions constructives et empathiques, se rendre vulnérable, favoriser une culture positive et collaborative
• Analyser et savoir exprimer sa gratitude, pratiquer l’auto compassion, muscler sa résilience, encourager la générosité et l’entraide collaborative pour diriger aussi avec le cœur
• Devenir un décathlonien de la transformation, apprivoiser le stress, piloter son énergie et recharger ses quatre batteries dont l’énergie spirituelle.

 

 

Le travail sur soi, un préalable à tout leadership positif

 

Tout dirigeant est-il en capacité de devenir un leader positif à titre personnel ? Puisqu’un leader positif développe des capacités avant tout personnelles, nous sommes tentés de répondre par l’affirmative. Cependant, cette démarche requiert du leader un véritable travail sur soi, de révéler sa nature profonde, de « devenir soi ». Pas simple, surtout quand les grandes écoles et les trajectoires dans les entreprises vous formatent la plupart du temps en « super héros ». Devenir un leader positif implique un cheminement fait de renoncement, de doute, de révélation et de questionnement. Il peut s’agir d’être soutenu par son équipe de direction ou accompagné par un consultant tant cette transformation réclame de l’entraînement, de la confiance et de la discipline et passer de l’ego-système à l’ « éco-système ». Les pratiques méditatives laïques (comme la pleine conscience) sont de puissants outils pour aider les dirigeants à cultiver cette intériorité indispensable pour évoluer vers un leadership plus authentique, intègre et responsable.

Ce début de XXIe siècle, en transformation accélérée et perpétuelle (le Boston Consulting Group parle d’«Always-On Transformation»), invite les organisations à relever d’immenses défis: écosystème numérique ultra connecté, transition énergétique et responsabilité sociétale, révolution de l’entrepreneuriat (fin du salariat?), émergence des entreprises horizontales et fluides, complexité et incertitude croissantes, domination des sciences du vivant et des biotechnologies. Mais nos organisations et leurs dirigeants sont-ils bien armés pour relever ces défis? Nous constatons que beaucoup d’entre eux sont restés figés au siècle précèdent dans leur posture managériale et leur mode d’organisation. Combien d’entreprises en France fonctionnent encore sous le modèle «command and control», hiérarchique, autoritaire, principalement masculin ?

Pour relever ces défis inédits, il faut réinventer la manière de piloter nos organisations et d’embarquer nos collaborateurs. Nos dirigeants sont, pour la plupart, déconnectés de la réalité des besoins de leurs collaborateurs. Il s’agit d’être plus agile, d’inspirer, de jouer collectif, de proposer une vision à la fois réaliste et porteuse d’espoir, à condition de se transformer. Concernant le leader, on attend toujours de lui quatre grandes compétences : exprimer une vision, influencer les parties prenantes pour atteindre les buts, encourager la coopération et montrer l’exemple. C’est bien cette dernière dimension qui pose problème aujourd’hui. Combien de dirigeants agissent en étant réellement alignés avec leurs valeurs, décident de manière objective et intègre, se comportent avec éthique et équité, font preuve de suffisamment de transparence vis-à-vis d’eux-mêmes et de leur entreprise ? Alors que les employés ont cruellement besoin de reconnaissance et de justice, quels sont les dirigeants qui, en période d’incertitude et parfois de grande souffrance, montrent un supplément d’âme, une once d’humanité ? Il y en a trop peu. Se pose donc la question : pourquoi les dirigeants ont-ils tant de difficulté à évoluer vers un leadership plus en conscience, humaniste, optimiste ? Un leadership positif ? Probablement par peur de se transformer, par crainte de s’éloigner du modèle d’invulnérabilité et d’autorité attendu d’un dirigeant, ou encore par contrainte des jeux de pouvoir et de représentation solidement installés dans les gouvernance.

 

 

 

Yves Le Bihan

Président et co-fondateur de l’Institut français du leadership positif (IFLP)

 

 

Se procurer l’ouvrage d’Yves le Bihan :

Le leader positif

Psychologie positive et neurosciences : les nouvelles clés du dirigeant

 

 

 

En savoir plus : http://positiveleadership.fr/

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